Ne soyons pas Ziplocs

Ne soyons pas Ziplocs
Le prochain texte n'est pas nouveau. Il date en fait d'il y a deux ans, alors qu'en classe de la quatrième secondaire nous commencions à écrire des textes argumentatifs. Voici l'un de mes premiers essais, paraît-il, assez efficace. Il traite des problèmes connus au cours des dernières années au sujet des accomodements raisonnables. Il vise principalement à réfuter ceux qui disent que les immigrants n'apportent rien à notre culture et à notre société, ce qui est, vous le verrez bien, tout à fait l'inverse de ma pensée.

Et pour ceux qui se poseraient la question et qui prendraient goût à en vérifier la structure (je suis sûr qu'il y a des épris de convention littéraire, des mordus de texte argumentatif et des adorateurs du programme d'éducation du ministère qui nous dicte comment l'on doit écrire pour démontrer qu'on a des opinions (mais qui semblent nous en vouloir du même coup) parmi vous, qui perdront leur temps à vérifier le respect des règles ministérielles d'écriture (QUAND LA PENSÉE EST UNE MATIÈRE À EXAMEN) dans mon essai!)... Donc pour ceux qui feraient cela, je vous rassure tout de suite : sujet amené, posé et divisé, marqueurs de relation (mots-liens, cheval de sujet, introduction verbale, peu importe comment vous appelez ça, l'important étant que c'est présent dans le texte), conclusion partielle de paragraphe, conclusion, ouverture, questionnement... TOUT Y EST!

P.S. Dis donc, s'il y a des techniques argumentatives que vous connaissez ou une structure de texte argumentative que vous trouvez intéressante, ne soyez pas gênés d'en faire profiter les lecteurs éventuels : plus on est bon pour communiquer (plus on a d'outils), plus nos opinions sont prises en considération dans la lourde balance de l'injuste justice sociale.

Voici donc!

Ne soyons pas Ziplocs

La religion, comme le reste de la culture d'un peuple, reste un élément important de l'identité de tout pays digne de ce nom. De par le monde, les différences ethniques et culturelles et leur mélange façonnent le monde moderne, et ce depuis les tous premiers voyages de Marco Polo en Chine. On sait d'ailleurs à quel point cet aventurier européen, de par ses périples en Extrême-Orient, a contribué à l'avancée technologique de l'Europe, amenant l'alliage des connaissances des deux cultures. De nos jours, de par les immenses et épineux obstacles dressés par le multiculturalisme d'individualité, cette ouverture d'esprit est remise en question dans les fondements même de notre société québécoise. En effet, certains croient fermement qu'il faut se fermer aux autres cultures pour assurer une bonne survivance à la nôtre. Selon moi il en est tout au autrement, surtout que le multiculturalisme est une voie importante de développement social et une assurance démographique et économique.

En premier lieu, il est vrai de dire que le multiculturalisme est un échec dans tous les États du monde qui se disent ouverts aux autres peuples. En France, par exemple, la communauté musulmane est telle que la simple prise de position de la France par rapport aux événements suivants les caricatures de Mahomet a déclenché une véritable crise de violence, l'armée ayant même dû intervenir dans certains conflits. Ce genre d'événements liés au multiculturalisme et aux problèmes qu'il apporte peut faire peur. Cependant, il faut comprendre que l'Europe est aux prises avec ces troubles culturels depuis longtemps, qu'on pense d'ailleurs aux deux guerres mondiales. Aussi, l'histoire du Québec est bien différente de celle de l'Europe. Le Québec a depuis toujours évolué grâce aux échanges culturels. Citons en exemple les échanges entre Amérindiens et colons français, d'où sont sorties des connaissances nouvelles et un nouveau peuple, le peuple canadien français. Avançons un peu dans l'histoire, jusqu'à la construction du Canadien Pacifique, vers 1880, lorsqu'une vague d'immigrés en provenance d'Extrême-Orient a permis l'élaboration du chemin de fer. De cette immigration et de ces échanges entre les deux cultures est née une communauté asiatique canadienne bien présente en Colombie-Britannique, qui s'est découverte bien des ressemblances avec les Premières Nations du Canada. Communauté d'où Adrienne Clarkson, notre ancienne Gouverneure générale. Enfin, notre adaptation à cette nouvelle communauté nous a menés à développer l'inoubliable pâté chinois, qui fait maintenant parti intégrante de notre culture, mais qui à la base avait été imaginé pour nourrir facilement et peu coûteusement les travailleurs asiatiques. Finalement, il faut garder en tête que l'ouverture culturelle est essentielle aux échanges entre les peuples, échanges si riches et enrichissants, même s'il faut parfois faire des compromis.

En second lieu, l'immigration toujours de plus en plus importante est devenue le seul moyen d'assurer un maintien stable de la démographie au Québec. Il est vrai que la venue d'immigrants d'origines des plus diverses amènent plusieurs problèmes d'accommodements de la part de la population québécoise et nécessite une ouverture culturelle de notre part, ce qui peut entraîner des conflits entre les cultures. Cependant, les ménages québécois produisent de moins et moins d'enfants. L'origine de souche est en chute libre, le taux de régénérescence de la population par la naissance étant insuffisant, à 1,039 enfants par famille. En 2020, on prévoit qu'environ 500 000 postes resteront non comblés, à cause du manque de main d'½uvre. Voilà un énorme un problème qui pourrait ruiner la reconnaissance industrielle internationale que se façonne le Québec depuis 400 ans. De plus, les régions éloignées des grands centres, comme la Mauricie et la Gaspésie, se vident inévitablement de leurs jeunes travailleurs. Résultat, l'économie des régions semble toujours plus instable et inquiétante. Par exemple, une usine d'alimentation Olymel, implantée en Montérégie depuis plusieurs décennies, devra sans doute fermer ses portes et mettre à pied plusieurs centaines de travailleurs, par manque de main d'½uvre qualifiée pour permettre l'expansion de l'entreprise dans ce milieu éloigné de Montréal. Bref, la seule solution à ces problèmes demeure l'acceptation de nouveaux arrivants, en provenance d'Asie, d'Afrique et d'Europe de l'Est, qui pourraient participer et faciliter le développement économique et la stimulation démographique des régions, car il est à noter que de plus en plus d'immigrés choisissent de s'installer en régions, les employeurs y étant plus nombreux et variés.

En conclusion, il est clair que ceux qui se ferment aux autres cultures s'empêchent d'avancer. Certes, l'isolement culturel assure à une culture une stabilité de fer et une tranquillité sans faille. Et c'est probablement la meilleure solution, du moins pour ceux qui veulent vivre entre quatre murs pour le reste de leur existence, vivre comme des taupes dans leur trou, bref dans l'ignorance totale. Vous me comprendrez dans mon ironie, j'en suis certain. Pour bâtir le Québec de demain et nous assurer une place sur la scène internationale, ne soyons pas des Ziplocs hermétiques et restons ouverts aux autres saveurs du reste du monde.

# Posté le dimanche 28 septembre 2008 15:50

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 16:19

Portrait par un sans dessin

Pour faire un peu changement de mon habitude, j'ai choisi, pour cet article, d'utiliser un moyen d'expression tout autre que mon amante habituelle qu'est l'écriture. En effet, je me suis lancé dans le dessin. Cependant, que Dieu me garde, je suis un bien piètre dessinateur, c'est l'un de mes bien nombreux défauts. Donc, pour éviter d'humilier ma propre personne (car je suis un être irrémédiablement orgueilleux), j'ai préféré faire un collage. Ou du moins, disons, un réarrangement pictural.
Ainsi, en partant d'une photographie non pas sans intérêt, puisqu'il s'agit du visage de l'une de mes amies du théâtre de LaTroupeMent, Audrey-Anne Salois (coucou à toi!). Le tout a été pris à la scène des saltimbanques (pour ceux qui s'en souviennent ou qui, du moins, ont eu la chance de NOUS connaître!) dans la pièce de théâtre intitulée Le Carré de porcelaine que nous avons écrite, montée, mise en scène et présentée deux soirs d'affilée devant un public très enthousiasmé.
Mais bon, voilà que j'essaie de vous faire patienter le plus possible, comme s'il s'agissait d'un vernissage. Et je tiens à le préciser, même si j'ai choisi de faire un collage, le résultat est minable. Ne soyez pas trop indulgents et tentez d'y voir cette interprétation qui classe tout bon spectateur au rang de créateur.
Portrait par un sans dessin

# Posté le vendredi 26 septembre 2008 18:13

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 18:49

Interdition de lecture aux amoureux heureux

Interdition de lecture aux amoureux heureux
Voici un autre petit fruit de mon poésium personnel. Celui-ci est de prose, soit un texte continu en paragraphe et non pas en vers. Oui, la prose peut aussi être de la poésie, car celle-ci n'est pas de ces littératures institutionalisées dont les lois doivent être respectées à la lettre. Au contraire, voilà mon opinion : la poésie, comme tout ce qui touche à l'écriture (article journalistique, texte argumentatif (oui oui, je suis contre la recette que le MELS nous force à utiliser pour la rédaction de son fameux examen de français du mois de mai au secondaire : c'est une façon d'argumenter à l'écrit, mais pas la seule.), récit fantastique, conte, pièce de théâtre, etc.), demeurera toujours, malgré sa ''privatisation'', un instrument de la personnalité de chacun. Elle est donc différente pour chacun de nous et il nous revient d'être poète de la façon qui nous plaît!

Mots sans valeur

J'ai de l'inspiration, un c½ur à vendre, une âme à rendre. Des mots qu'importe la beauté s'ils ne font pas gain d'un baiser. Il y a un bloc de glace dans mon ½il, qui fond doucement au gré du soleil et des tempêtes qui le font bourdonner contre ma pupille. Est-ce une faiblesse ou une force que de pleurer comme je le fais? Une faiblesse, assurément. De sentir tout mon corps se balancer au-dessus du vide, avec pour seul soutien des Je t'aime qui ne tiennent plus. S'il en reste des lambeaux, j'ai le c½ur qui plante déjà les fleurs de ses funérailles précoces. Une faiblesse, invariablement. De voir ma droiture se courber sous les coups d'une caresse lointaine, de choir ainsi sur le carrelage de ta chambre comme sur une plage de fins couteaux. D'oublier vastes et grands chemins pour sentiers durs et saturés de ronces. Des ronces qui m'écorchent tant, mais moins que ton adieu. Une faiblesse, hélas, ma faiblesse! À mon c½ur, à lui seul et bien malgré lui, la solitude à laquelle il s'est pendu ne lui apparaît qu'en ce soir dont les yeux ont quitté le ciel. Une sourde douleur, un lancinant cri de la tête qui se hait et s'en tire une pour le désastre qu'elle a fait. Un simple drame, celui de mes couvertures qui pleurent avec moi les courbes de ta peau de sable. Une tragédie, celle de mes songes, qui chantent en ch½ur mon désespoir à l'aube.

Le temps qui passe change sa garde-robe à mesure que les tendres mots s'envolent. Du blanc tout frêle au noir suintant il a changé son maquillage. Et la lune lui porte son linceul nocturne et pourpre. N'est-ce pas mon sang que l'on répand dans la nuit! Grandes étoiles qui buvez ce soir à ma source, soyez bonnes hôtes à un bon pleureur solitaire. Car ma lame m'a tranché l'artère, et en mon corps hurle la chair! Le vent m'a ôté ma chance, et moi qui pense, l'idole des corbeaux noirs comme le fond de mon miroir. Je m'y vois reflété heureux, à tes côtés, les bras comblés, alors que de l'autre côté, je suis crevé, embarrassé par une épée que j'ai planté de mon plein gré.

Ma faiblesse, l'eau qui coule et creuse torrent, l'océan contre le fort de ta ranc½ur, le sable fin qui brise ton ½il est la tempête qui se jette en mon écueil. La rage ailleurs, le c½ur en pleurs : à tribord je perds mon corps, de l'autre côté mes remords. Cette pluie qui tombe sur mes mains, elle me voit fondre de chagrin. La paume ouverte devant toi, le genou plié par l'émoi, la mer peine à cloîtrer mes larmes versées sur l'odeur de ton charme. Si cruelle soit-elle ma peine, car tu repousses ma main vaine, ma faiblesse sera puissante à ma plume plutôt qu'à deux amoureux posthume. J'ai de l'inspiration, un c½ur à vendre, une âme à rendre. Mais des mots que vaut la beauté si elle ne me vaut ton baiser.

En espérant que vous avez apprécié!

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 23:22

Modifié le lundi 15 décembre 2008 17:55

Hommage au poésium d'un autre... Nelligan

Hommage au poésium d'un autre... Nelligan
Nous sommes en plein cours d'Arts et culture, vers 5h30 un jeudi après-midi, avec la charmante et passionnée Josée Bergeron. Dans un local que l'on nomme le E-117, mais qu'on aurait bien pu appeler Planète-Terre-001. Je suis assis sur ma chaise Asie-A707. Mes coudes sont posés sur un pupitre Asie-B1948(le bureau venait avec la chaise). Ma tête lourde malgré le cours très intéressant repose sur les mains d'Atlas (pas le livre là, le héros de la mythologie grecque). Sur le B1948, il a une feuille de papier Japon-0809. Et sur cette feuille... du blanc calme, la douceur du silence et des mots sans intérêt. Des vers qui se forment, un objet qui chute, un sifflement fend l'air, une rime, un poème... UNE BOMBE! Voilà que devant moi se forme un champignon atomique, un nuage d'idées radioactif. Un choc me parcoure tout le corps. Je voudrais fuir, mais trop tard, le rayonnement mortel m'a déjà atteint et changé à jamais. Voilà le Nagasaki littéraire qui m'a frappé en ce jeudi 11 septembre 2008 (à moins que ce ne soit le 9 août 1948. De toute façon, voilà deux dates dramatiques, quelle coïncidence!).
La cause de tout cela : un poème du grand Émile Nelligan, que certains connaissent sûrement : La romance du vin. Le voici le responsable de ma crise épilepicurienne. Des images fortes, des odeurs et des courbes bien senties, un dessin sans couleur, sans contour, et pourtant si frappant de clareté et de cruauté. Exactement, pour tout dire, ce comment je me sens depuis quelque temps. Je vous l'offre donc, sur un plateau d'argent dont votre culture personnelle pourra avidement déguster le délicieux contenu.


La romance du vin

Tout se mêle en un vif éclat de gaieté verte
Ô le beau soir de mai ! Tous les oiseaux en ch½ur,
Ainsi que les espoirs naguère à mon c½ur,
Modulent leur prélude à ma croisée ouverte.

Ô le beau soir de mai ! le joyeux soir de mai !
Un orgue au loin éclate en froides mélopées ;
Et les rayons, ainsi que de pourpres épées,
Percent le c½ur du jour qui se meurt parfumé.

Je suis gai ! je suis gai ! Dans le cristal qui chante,
Verse, verse le vin ! verse encore et toujours,
Que je puisse oublier la tristesse des jours,
Dans le dédain que j'ai de la foule méchante !

Je suis gai ! je suis gai ! Vive le vin et l'Art !...
J'ai le rêve de faire aussi des vers célèbres,
Des vers qui gémiront les musiques funèbres
Des vents d'automne au loin passant dans le brouillard.

C'est le règne du rire amer et de la rage
De se savoir poète et objet du mépris,
De se savoir un c½ur et de n'être compris
Que par le clair de lune et les grands soirs d'orage !

Femmes ! je bois à vous qui riez du chemin
Ou l'Idéal m'appelle en ouvrant ses bras roses ;
Je bois à vous surtout, hommes aux fronts moroses
Qui dédaignez ma vie et repoussez ma main !

Pendant que tout l'azur s'étoile dans la gloire,
Et qu'un rythme s'entonne au renouveau doré,
Sur le jour expirant je n'ai donc pas pleuré,
Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire !

Je suis gai ! je suis gai ! Vive le soir de mai !
Je suis follement gai, sans être pourtant ivre !...
Serait-ce que je suis enfin heureux de vivre ;
Enfin mon c½ur est-il guéri d'avoir aimé ?

Les cloches ont chanté ; le vent du soir odore...
Et pendant que le vin ruisselle à joyeux flots,
Je suis gai, si gai, dans mon rire sonore,
Oh ! si gai, que j'ai peur d'éclater en sanglots !


Ce poème vous fait-il réagir? Comment? Sentiment, émotion, crise de coeur, mousse de nombril, lâchez-vous lousse dans vos commentaires...! Ben pas trop là, on se garde une petite gêne!

# Posté le mercredi 17 septembre 2008 22:52

Modifié le vendredi 19 septembre 2008 20:15

Vapeurs d'eau chaude et fleurs séchées

Êtes-vous heureux? Regardez-vous le soleil avec un sourire? Votre coeur est-il rempli de chaleur? Oui?

Question d'étaler ici ma déprime et d'en faire un virus informatique libre d'accès à tous, voici un court texte que j'ai composé sur un coup de tête dans un party. Avec dans le corps des vapeurs... d'eau chaude (pour ceux qui connaissent!) et des mots d'amour à la fleur séchée. Puissiez-vous terminer cette lecture avec le sourire, et j'en serai fort comblé. Car, bien sûr, ce texte est éminemment positif et réconfortant.


Comment fait-on pour avoir des enfants ?
Mmm... bonne question...


On va voir le médecin, on prend plein de médic. Puis, un soir qu'on est chaud tous les deux, on se bombarde de bouts de peau. Voilà, la fille se retrouve avec un monstre dans le ventre.

Le gars la criss là pour sa meilleure amie.

La fille accouche seule dans son appartement aux couleurs rose bonbon et gris tempête.

Elle fout le gosse dans un berceau en plastique qui aspire chaque goutte de sueur de l'enfant et du porte-feuille de la mère, dans une chambre dont les murs ne cessent de s'effondrer et d'ensevelir les corps.

Le gars lui paie une pension. Quelques dollars pour acheter sa salade devant le juge. Il se fout éperdument du monstre. Les chèques de pension passent dans son compte comme le compte d'Hydro, comme un moustique qu'on voudrait écraser contre sa peau, mais dont on ne peut atteindre la carcasse voletante parce qu'on a les deux mains occupées à égorger un mort.

Alors la mère travaille 30h sur 24, même les 30 févriers. La mère passe d'un alcoolo à l'autre, d'un drame à l'autre, d'un café à l'autre.

Débauche totale. Embauche du pire.

L'enfant est là, voit sa mère s'ingérer elle–même, s'autodétruire sur la scène rose bonbon et gris tempête où les cons sommables par milliers la regardent crever.

Et il y a le gosse, 18 ans plus tard, qui voudrait changer le monde, le repeindre, lui passer par-dessus le corps avec un bulldozer, mille pots de peinture et des meubles neufs...
mais qui ne peut pas, parce qu'il est en prison pour avoir voler le sac à main d'une vieille dame qui, par pur hasard il le jure, s'est empalée d'elle-même sur la lame de son couteau.

Le gosse finit par sortir de sa cage, revient chez lui... parce que c'est le seul passe-temps du temps que de passer.

Il y a une note sur la porte d'entrée de l'appartement. La poignée est débarrée.

Une note déchirante... mais malheureusement non déchirée.
Il y a tout le monde qui tourne autour de lui pendant qu'il lit tout le texte jusqu'à la signature de sa mère, la dernière qu'elle signera de toute sa vie,
écrite avec une écriture de femme, les lettres qui dansent sur le papier comme la mère a dansé d'une job à l'autre. Au fur et à mesure que les mots défilent, comme les chevaux d'un carrousel, l'enfant se rend compte d'un seul coup que sa mère est aussi et surtout... une femme.

Mais trop tard. Les trois X arrivent, un c½ur est dessiné en bas de la feuille... avec la signature de sa mère, la dernière qu'elle fera de sa vie. Cette femme qui, en apprenant la sortie de prison de son garçon, a gobé tous ses médicaments et qui s'est enfermée dans sa chambre pour y mourir d'une overdose sur le lit de velours blanc.

Un cadavre qui a aimé et qui se meurt entre quatre murs peints en rose bonbon et gris tempête.

L'enfant maintenant a 25 ans. Il n'entre même pas dans la chambre de sa mère ; il prend sa casquette de base-ball part en ville.

Il arpente les rues, les bars, les femmes et les couplets de poésie des vieux grivois. Il chasse les sorcières et les soirs d'alcool, caressant les hanches et les chevilles comme des dunes de sable fin, comme des bonheurs passagers. Il fait comme son père : font des enfants et puis s'en vont.

Il va de par le monde...

Et au nom de sa mère qui l'a élevé et aimé à s'en tuer, au nom de sa rage et de sa pénitence, il erre.

Un jour, comme une feuille en automne, il meurt par le fusil d'un jeune adolescent. Peut-être de son propre sang.

Une histoire cruelle dans un monde cruel.

C'est comme cela qu'on fait des enfants de nos jours. Allez-y, aimez-vous et multipliez-vous. Brisez-vous le cou, la tête frappée contre le plafond du ciel trop bas. Le paradis est ici, l'enfer sur le même plancher.

Pas trop déçu?
Vapeurs d'eau chaude et fleurs séchées

# Posté le samedi 13 septembre 2008 22:46

Modifié le samedi 13 septembre 2008 23:22