Ceci est un texte argumentatif, type de textes de plus en plus utilisé dans divers domaines d'expression critique, tels que le journalisme et la polémique. Une telle production écrite doit, pour être efficace et intéressante, suivre une certaine structure. En effet, tout texte argumentatif se doit de commencer par une identification du sujet sur lequel il développera divers arguments et/ou faits importants. Ce prologue annonçant le contenu du dit exercice littéraire est appelé communément une introduction. Il permet d'amener le lecteur naïf à percevoir le monde tel qu'il le conçoit en l'analysant sous un point de vue spécifique. Bien évidemment, cela doit se faire de façon subtile. Ainsi, il est préférable de débuter d'abord avec le brossage d'une situation ou d'une réalité d'où surgira plus tard le sujet. C'est un peu une introduction à la dite introduction, autrement dit, le sujet amené. C'est aussi là que l'on énonce sa position face au sujet débattu. C'est la thèse que l'on défendra tout au long de l'argumentation. Il peut aussi être intéressant d'amener une certaine touche d'objectivité à notre travail en prenant en compte la position s'opposant à notre thèse, soit l'objection à votre opinion. Il est à noter que si notre choix est de tenir compte de cette opposition, il nous faudra réfuter par la suite celle-ci afin de bien convaincre tout lecteur pouvant encore douter de notre raison. Une fois que le décor est planté, nous sommes libres de poser clairement et simplement le thème du texte qui se développe sous nos yeux, le lecteur étant fin prêt à se plonger dans l'inconnu. C'est le sujet posé. On peut donc le dire : « Le sujet est ceci. » Vient ensuite l'étape cruciale d'établir les différents virages que prendra l'élaboration de notre écrit. Il est question ici de spécifier au lecteur les diverses facettes sous lesquelles le sujet sera analysé dans le but de prouver notre thèse, donc nos arguments. Il suffit de dire : « Ma position se reflète particulièrement dans un tel argument, appelons-le Argument Un, et dans un tel autre argument, appelons-le, vous voilà surpris, Argument Deux. »
Premièrement, le développement doit TOUJOURS commencer par une expression marquant la relation du paragraphe dans la structure du texte. Vous serez donc tout surpris d'apprendre qu'on appelle cette dite expression : un marqueur de relation. Il est de coutume, ensuite, d'identifier clairement notre Argument Un. Ainsi, le lecteur sait dès lors que cette partie du texte tentera, par cet argument spécifique, de prouver la thèse énoncée précédemment dans l'introduction. En effet, le confort et la confiance du lecteur sont essentiels pour conserver son attention sur le texte. Un lecteur perdu dans les mots ne pourra pas longtemps garder les yeux sur un texte dont il a perdu le fil. Il faut donc sans cesse lui offrir des points de repère. Une bonne technique consiste à reformuler avec une syntaxe et un vocabulaire différents l'énoncé concernant l'Argument Un dans le sujet divisé de l'introduction. Ainsi, on comprend d'un seul coup le sujet de ce paragraphe en particulier et sa situation dans le texte. En d'autres mots, la première phrase du paragraphe de développement doit absolument, pour éviter le désintérêt et le manque de confiance du lecteur, fournir à celui-ci un point de repère solide, concis et efficace.
Deuxièmement, vient ensuite la partie principale du paragraphe : les preuves. Une preuve est le développement, la réflexion ou l'analyse d'un fait, d'une idée ou d'un événement qui vise à démontrer que l'Argument Un est fondé et donc vrai. Sans doute, il serait bien absurde d'énoncer des arguments comme ça, sans autre souci que leur nombre : il serait bien trop facile de douter de leur véracité et donc de la valeur du jugement porté, de la thèse défendue. Une preuve se divise donc en deux parties : l'élément de connaissance et l'étalage de compréhension. L'élément de connaissance peut être un fait scientifique, un événement historique ou tiré de l'actualité, un résultat de sondage, une statistique, une citation de spécialiste ou même une simple valeur morale venant appuyer l'argument dont il est question dans ce paragraphe. L'étalage de compréhension consiste à expliquer en quoi l'énoncé de connaissance présenté juste avant prouve justement la valeur de l'argument. Dans le cas d'une citation littéraire, par exemple, il nous faudrait expliquer en quoi les éléments textuels, connotés et syntaxiques viennent démontrer notre argument. Dans le cas d'une statistique, il suffit de faire parler les chiffres, en expliquant clairement ce qu'ils impliquent. Supposons, pour mettre le tout dans une situation réelle, que notre thèse et notre premier argument puissent se formuler sous l'énoncé : « La mise en situation est la meilleure méthode pour aider le lecteur à concevoir et mettre en pratique une méthode d'argumentation, car elle permet d'illustrer par une expérience concrète une théorique comprise partiellement en pensée mais étrangère en pratique, et ce à un grand groupe d'individus. . » Il faudrait ensuite identifier un élément de connaissance, par exemple une citation de Michel Elias, conseiller à la formation chez Fopes : « Les jeux de mise en situation permettent à un groupe de vivre une situation qui simule certains aspects de la réalité sociale. [...] L'apprentissage par le jeu concrétise des options pédagogiques qui consistent à privilégier les méthodes actives, les processus inductifs. » (http://www.iteco.be/Pourquoi-faire-appel-a-des-jeux). Finalement, il faudrait démontrer en quoi cette citation prouve que la mise en situation, telle que présentée par cet illustre spécialiste de l'apprentissage qu'est Michel Elias, permet une meilleure assimilation de l'information en terme de conception et de mise en pratique d'une méthode d'argumentation. Il suffirait ici de dire qu'en effet, comme le dit Michel Elias, la mise en situation permet aux participants du jeu d'entrer en contact avec une réalité théorique devenue pratique par le biais d'une confrontation entre les participants et une situation sociale qu'ils connaissent et où la réalité théorique se retrouve simulée. Les participants créent instinctivement des liens entre cette simulation et la situation sociale qu'ils reconnaissent. Cela les amène, en dernier lieu, à pouvoir généraliser la théorie à toutes les situations connues. De cette façon, le pont entre l'abstraction et la réalité concrète est bâti. Cela est aussi vrai, par correspondance, pour un lecteur qui arrive, par la mise en situation (ou exemple), à établir un lien entre ses connaissances acquises (situations déjà connues) et l'argumentation de l'auteur (théorie abstraite). De plus, comme dit aussi dans la citation, la mise en situation rejoint un plus grand nombre de personnes car elle permet d'atteindre un groupe complet au lieu d'un seul individu. Ainsi, une mise en situation (un exemple) touchera un plus grand nombre de gens, car les connaissances acquises naturellement ou culturellement sont plus communes à un groupe que les capacités de compréhension auditive, visuelle, tactile et sociale. Bref, pour que le développement d'une argumentation soit solide et efficace, il doit être appuyé par des preuves bien structurées, clairement présentées et dont la valeur est fondée sur des élément de connaissance, expliqués par un bon étalage de compréhension utilisant efficacement les méthodes argumentatives, telles que la mise en situation et l'exemple.
(Suite bientôt)