Le vers à soi

...
NON!
...
Ben oui!
...

Je suis de retour le temps d'un article... ça fait quand même plusieurs mois que je n'ai rien écris sur ces pages de métal électrifié. Pas que je n'ai pas écris : simplement, entre le cégep et une vie privée qui ne vous concerne pas, l'impro (Hey, la Légende en finale de la ligne Tangerine au Théâtre Plaza (là où se filment Bel et Bum) St-Hubert/Beaubien, ce mercredi 29 avril!! ça va être incrediblEE!!), le théâtre et le reste...
Bon, donc ci joint un assez long poème que j'ai écris comme ça, ''s'une fesse'' comme dirait ma grand-mère idéale. Soyez indulgents!



Le vers à soi

Éclore
Se laisser voir
Assister au jour
Dans l'ouverture du rideau rose
Sentir son c½ur jouer sa mélodie
S'en surprendre en ouvrant des yeux vierges qui ne voient rien
Être vivant, innocent
N'être laid
Naître beau
Sur un horizon où le Soleil ne pleure pas
Où l'on croise nos mains sur le noir de l'Homme
Pour ne pas voir tous ses défauts de nos yeux vierges qui ne voient rien.

Croire
Se laisser enivrer
Se faire bercer dans l'air odoré des contes
Rêver de grands dragons sanglants et de magiciens déments
Ne craindre que la durée de l'histoire
S'effrayer des silences
Crier pour les combler
Sans même douter de l'aube
Au creux d'un berceau d'eau salée
Où la mère a déjà beaucoup pleurer
Au nom d'un homme qui n'est que le reflet de ses frères
Des frères au sang de grands dragons sanglants et de magiciens déments.

Vivre
Se laisser tomber
Dans le gouffre du temps où s'engouffrent les amants
Les coups de vents nous atteignant le front
Les coups de poing nous arrachant la langue
Les coups de l'amour nous fracturant les yeux
Rouges à force de pleurer
Humides à force de se relever
Pour vite retomber comme une pierre
Créant son lot d'ondes sur l'eau
Comme en créent nos rêves brisés
Sur les os acérés qui gisent
Au fond du gouffre du temps où s'engouffrent les amants.

Comprendre
Se laisser éclairer
Par une lumière transperçant les nuages rubescents
Pour nous écarter la pupille et y enfoncer son membre d'argent
Nous faire l'humour comme à l'enfance
Nous faire l'amour comme à un mort
Aveuglant tous nos désirs
Kidnappant nos couleurs et nos charmes
Pour nous rappeler que le temps ne fait que tomber
Que les étoiles ne font que pleurer
Pour tracer dans la pénombre
Une rivière au ventre plein d'or hypocrite
Qui nous écarte la pupille et y enfonce son membre d'argent.

Désespérer
Se laisser aller
Se laisser porter par le courant amer de l'arsenic sucré
Espérer le non-retour
Oublier le verbe aimer
Oublier le verbe aimant
Se souvenir de l'ombre de la vie
Et la haïr du ventre à la tête
En la couvrant vainement de coups de pied
En avalant d'un coup sec le courant amer de l'arsenic sucré.

Gésir
Se laisser distraire
Observer lestement les couleurs
Les images qui défilent devant nos yeux libérés
Les scènes d'une vie qui s'éloigne et qui n'est déjà plus la nôtre.
Supporter en mentant aux sourires de l'amant
Des oiseaux rares
Des beaux rapaces
À la silhouette pleine de mots saillants
Tous nous mangeront le dos
Sans connaître leur rôle véritable
Dans la fuite d'une vie qui s'éloigne et qui n'est déjà plus la nôtre.

Expier
Se laisser vider
D'un souffle sulfureux
D'un air acide qui assiège la peau froide des poumons
Laisser retomber le corps
Laisser retomber l'âme
En le froid caveau d'un magnifique enfer
Accueillant comme ventre de femme qui fut mère
Pour se reposer après temps de fatigue
Pour ne plus chérir la douleur assiégeant la peau froide des poumons.

...

Silence! mélodie noire!
Expire mes v½ux et laisse aller mon corps
Qui déjà vire au bleu au fond du lac des morts

Le poète s'assoit, la tête emplie de feuilles
Qu'attaque un automne qui en fauche l'orgueil.
Le vers à soie se glisse en éc½urant la pomme
Mon poème se meurt sur les lèvres de l'Homme.

L'âme écorchée enfin vient de se pendre aux cieux.
Elle nous quitte déjà, fait ses derniers adieux
Et tous gardent l'½il clos, ignorant que sa plume
Se redresse en offrant révérence posthume.

# Posté le lundi 27 avril 2009 00:34

La peur au fond de la gorge

Sur le coin de ma rue, il y a une vieille maison toute délabrée, sur laquelle le soleil ne semble pas vouloir briller. Les briques y tombent l'une après l'autre, en un lent suicide du temps. Le silence est lourd tout autour, sur la pelouse, sur les reflets dans la seule fenêtre intacte, les trois autres fenêtres ayant sans doute explosé dans une violente tempête. Sur l'une d'elles, on voit l'empreinte d'une grande toile d'araignée faite d'éclats de vitre qui sont restés en place malgré le choc reçu. Le vent qui y souffle est sec comme un automne tardif, de ceux qui nous prennent par leur violence et leur fatalité. Un vent plein de sable, plein d'ennui. Le gazon, bien sûr, est trop brûlé pour danser dans le vent.

La façade de cette maison est presque affaissée. Le moindre coup de vent plus furieux la ferait sans doute s'effondrer... Mais elle semble tenir bon au vent régulier du désert imaginaire qui souffle ses dunes acides sur ses planches de bois... Celles-ci sont pourries et brun foncé. Pas une couleur qui donne confiance pour du bois. Quelques dépôts de peinture restent accrochés aux planchers les plus basses, alors que la rouille colore peu à peu les plus élevées, celles près du toit. Ce dernier semble près à s'écrouler sur la petite cabane. Des tuiles manquent, ont été arrachées et dispersées dans le ciel il y a longtemps déjà.

Dans cette maison, à ce qu'on m'a dit, il y a un type un peu bizarre. Un solitaire, un craqué... Un fou, quoi! On m'a souvent raconté beaucoup de choses à son sujet, mais jamais les mêmes. Parfois, on me dit qu'il passe ses journées à peindre. D'autres, qu'il use ses doigts à jouer sur un vieux piano désaccordé. D'autres, encore, disent qu'il ne fait qu'écrire sur les murs avec des couteaux, déchirant le papier peint sur de grand pan, comme des graffitis mutilants. Un artiste fou, voilà, c'est les mots qu'on m'a donné pour le décrire.

Dans tous les cas, les gens m'ont dit qu'il était triste. Déprimé. Plein de ranc½ur envers la vie. Malheureux, qu'on m'a dit, comme un oiseau aux ailes brisées. Comme un homme aux rêves abîmés. On dit qu'il pleure, qu'il se déchire, qu'il lui manque des organes pour s'aimer. Paraît même que, certaines nuits, en tendant l'oreille, on peut l'entendre hurler un nom de femme.

Maria

Toutes ces histoires m'ont tant marqué que, dans les nuits les plus sombres, elles reviennent me hanter. Elles tournent autour de moi et me prennent alors que le sommeil m'est le plus agréable. Et je la revois, plus claire que dans la réalité, plus claire qu'un réel rêve : cette maison aux briques dépressives. Il y a certainement quelque histoire d'enfant derrière tout ça. Comme si j'inventais tout... Comme si je me créais une peur qui me suivrait toujours. Dans tous les cas, le cauchemar est toujours le même.

Je suis un gamin qui passe en vélo devant, qui s'arrête, regarde autour de lui. Autour de moi. Avec mes yeux. Puisque c'est moi, il y a dix ans. Alors que je n'avais que sept ans. Alors que mon grand-père venait juste de mourir. J'observais attentivement le voisinage. Personne pour se poser des questions sur ce que le petit Francis fait devant la maison du fou. Personne pour l'en empêcher, surtout. Personne dans la rue. Juste moi.

Tant mieux

Je laisse donc mon vélo sur le bord de l'asphalte et commence à marcher lentement dans l'entrée. Un peu plus et mes souliers de course se mettraient à sentir le caoutchouc calciné. Une petite allée faite de roches inégales que j'emprunte mène à une porte en moustiquaire tout déchiré. La porte est ouverte, comme si on m'attendait. Depuis longtemps.

J'entre et je file le long d'un corridor sans teint, sans éclairage. Sans vie. Sur les murs, des milliers de notes, de dessins et de mots sont gravés au couteau non seulement dans le papier peint, mais aussi dans le plâtre écaillé et sur les poutres de bois qui ressortent étrangement comme les côtes des gens maigres qu'on voit à la télévision. Un mot, un nom, revient souvent.

Maria

Dans les films d'horreur, je suppose. Il n'y a pas de porte, pas de cadre de passage. Pas de pièce adjacente. Pas d'ailleurs. Et pourtant, ce que la maison avait l'air grande vue de dehors. Juste un long couloir. Très long. Avec une seule sortie possible.

Cela me prend bien toute une vie pour arriver jusqu'au bout du couloir. De plus en plus, c'est bizarre, je sens mes pas qui s'alourdissent. J'ai l'impression que mon corps s'affaisse vers l'avant, que mon dos se courbe et que mes épaules tombent. Ma démarche se ralentit. Suis-je en train de manquer d'air? En train de suffoquer? Ce doit être un peu de sable dans la gorge. Je donnerais cher pour un verre d'eau.

Je remarque aussi que plus j'avance, moins il y a de graffitis sur les murs.

Je parviens finalement au bout du couloir, qui débouche directement dehors, dans la cour. Je sors et me retrouve sur une petite véranda toute charmante. Les planches ne sont plus pourries comme dans la façade. Elles ont l'air solide et une jolie peinture blanche les embellit. Quelques fleurs dans des pots et une corde à linge qui semble flotter dans le vide car accrochée à aucun poteau dans le fond de la cour finissent de donner un air carrément agréable à l'endroit. On doit y être bien pour lire et penser.

Jetant un coup d'½il plus loin, je vois qu'un escalier part de la véranda pour se terminer sur une petite esplanade à peine plus élevée que la pelouse fraîche et vivace qui tapisse le sol. Une petite esplanade d'à peine deux mètres carrés, toute en belles planches de bois, comme la véranda. Sauf que de petites fleurs sont peintes directement sur la peinture blanche. Des tournesols, des tulipes, des fleurs inconnues surtout.

Trônant sur l'esplanade, une chaise berçante reste muette, ne grince même pas, malgré le temps qui passe. Elle semble m'attendre.

Je descends lentement l'escalier, car mes os me font mal. Le paysage s'est embellit de soleil, mais la fatigue et l'impression d'étouffer persistent sur mes épaules. Je souffre, mais j'avance malgré tout. J'atteins finalement la chaise. Je la contourne et me positionne pour m'y asseoir. Je reste debout un moment, humant l'air ravi, plein de chants d'oiseaux colorés qui entrent dans mes poumons. Un verre d'eau et ce serait le paradis.

Soudain, alors même que l'air frais me ressort des poumons, j'entends un grand fracas, un horrible mélange de bois fendu, de plâtre lacéré et de fenêtres explosées. Je le sais sans me retourner : la maison derrière moi s'effondre. Je la sens qui se déchire, qui s'effondre, qui devient ruines.

Puis, j'entends un hurlement. Un terrible hurlement. Une voix d'homme désespéré. Qui vient d'à l'intérieur de la maison. Un cri, un nom.

Maria

Les tremblements du sol remontent le long de mes jambes fragilisées par l'effort. Je me sens si vieux et apeuré tout d'un coup. Et cette voix qui appelle à l'aide. Elle me perce le ventre, puis le c½ur. Elle enflamme mes poumons, remonte dans ma gorge, frôle ma langue.

Alors que mes lèvres s'ouvrent pour se mettre à hurler, mes os me lâchent, mes muscles me laissent à ma mauvaise fortune, mes jambes s'affaissent. Je m'écroule sur la chaise grinçante comme la maison sur elle-même. Et voilà mon corps devenu vieux qui émet es sons étranges : des plaintes de bois fendu, des sanglots de plâtre lacéré, des gémissements de fenêtres explosées.

Et surtout, une révolte de c½ur, le mien, qui pleure pour sa misère, la mienne. Une douleur que j'avais oubliée, hélas, qui me revient comme un coup dans les côtes. Et pendant que celles-ci éclatent et implosent dans un dernier souffle, mon hurlement se change en murmure étouffée, désespéré.

Ave Maria

Tant pis

Pendant que l'air me manque, que mon corps suffoque sous le poids de la douleur, mes paupières se referment doucement. Contraste que peut seul apprécier un homme qui sait que le temps est venu et qui revoit en rafale sur ses paupières-écrans le conte déroutante de sa vie trop courte. Non, pas d'eau, merci ; j'en ai plein les yeux.

Une peur me prend, celle de faire ce cauchemar jusqu'à la fin. Sincèrement. Surtout qu'il n'y a qu'une seule maison sur ma rue. En fait, il n'y a même pas de rue. Avec une seule sortie possible.
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# Posté le jeudi 22 janvier 2009 12:55

Cadavre exquis... suite!!!

Bonjour tout le monde (et surtout toi, oui oui, toi! qui est en train de lire ceci ;)), pour mon plaisir personnel et pour faire pression contre Israël (juste une petite allusion par rapport pour dire que j'écrirai prochaînement au sujet du conflit israélo-palestinien, en particulier à propos des derniers événements dans la Bande de Gaza), j'affiche ici les développements du cadavre exquis... qui, on peut le dire, est plutôt squelettique! Allez, j'attends que vous fesiez de vous de grands poètes! ... ou de simples personnes montrant qu'ils ont un peu d'imagination! Sentez-vous libres d'écrire ce que vous voulez... enfin, rien d'asocial, de raciste, de sexiste ou d'anti-Barack Obama (vous touchez pas à un cheveu de sa tête, okay? ... d'ailleurs il n'a pas de cheveux... j'ai rien dit)... Bref, vous savez ce qui se dit et ce qui ne se dit pas!

Voici où nous en sommes rendus!


Par un soir d'avril, de mai d'amour, mes pas marchaient et je les suivais.
Je cherchais cette lueur d'espoir , tant recherchée, étant disparue depuis une éternité, lueur qui c'était autrefois éteinte dans les yeux doux-amers d'une fleur qui poussa dans mon lit un certain soir, le temps de quelques soupirs et de rêves épars.
Se laissant choir, juillet arrivait avec engouement pour faire fondre les tourments, avec ses yeux aux mille regards, découvrant au crépuscule du jour ces merveilles qu'avaient fabriquées les illuminés d'en-haut, laissant choir en moi une nouvelle décadence humanitaire.
Nouvelle folie, nouveau regard. L'horizon recouvrant ma pupille, je vis en août fondre un ciel de pétales. Des pétales dont je reconnus la peau douce et les lèvres rosées.


Allez, Ô-teurs! À vos plumes!

# Posté le mardi 06 janvier 2009 14:16

Modifié le mardi 13 janvier 2009 02:16

Ma soif de rêve et la ''Water Machine''

Voici un joli petit (très long) article que j'ai publié sur Facebook (parce que j'ai appris hier que j'étais inscrit depuis neuf mois sans le savoir). En espérant qu'il vous divertira autant qu'il m'a été plaisant de l'écrire!

Cette nuit, j'ai fait un rêve. Je dois absolument vous le conter, car le simple fait que je m'en souvienne démontre qu'il sera d'une importance capitale pour mon futur et celui de l'humanité. En effet, c'est dans ce rêve que j'ai découvert la seule clef pour rapprocher les hommes dans leur destinée.
La vérité est que je ne rêve pratiquement jamais. Si bien que je finis par rêver d'en faire. Alors imaginez-vous ma surprise et ma grande joie lorsque je me rendis compte, la brosse à dent dans la bouche, que les images crues de mon imaginaire nocturne étaient toujours bien gravées dans ma mémoire! Même chose lorsque la première petite rondelle sucrée et cholestérolisée de Froot Loops (qui me fait toujours autant danser que la toune du même nom) se déposa délicieusement sur ma langue affamée, accompagnée de quelques gouttes de lait bien frais. Dans ma surprise vis-à-vis de ma mémoire, j'en échappai d'ailleurs un peu sur mon menton. La fraîche caresse descendit le long de mon cou pour suivre les vallons verticaux des courbes peu régulières de mon buste et de mon ventre dénudés, pour aller finalement se diluer dans les fibres synthétiques de mon boxer... Mais cela est une autre histoire!
Donc, il me fallait absolument reconnaître que ma mémoire ne voulait pas démordre de ce rêve. J'en conclus donc que je devais absolument vous le raconter, à vous, lecteurs aussi fidèles que des chats de quartier cherchant des caresses de maisons en maisons.
Donc, je vous le raconte, ce rêve! Je dormais quand soudain, dans mon rêve bien sûr, je me voyais pris d'une sérieuse envie de boire, ce besoin qui vous serre parfois la gorge de telle façon que vous ne pouvez plus vous rendormir. C'était mon cas à ce moment-là. Je me levai donc, fis mon lit de façon minutieuse et sortis en douce de ma chambre. Je flattai mon chat gris au passage, lui qui s'enfla alors la gorge d'un grand bâillement qui me rappelait un peu une excursion au Zoo de Granby, dans l'enclos des lions. Je me dirigeai vers la cuisine, arrivant devant la ''machine à eau'', comme dit ma mère. C'est en fait un filtre-refroidisseur, mais contredire ma mère peut parfois s'avérer lourd de conséquences. Nous dirons donc que cette grande boîte en plastique produit effectivement de l'eau en mélangeant de l'oxygène à de l'hydrogène. Gardant les yeux fixés sur la ''Water Machine'', j'entamai une danse qui me mena devant un tiroir puis à nouveau devant l'Industrie Aquatique. J'avais cette fois-ci un verre dans les mains (les plus perspicaces comprendront que ma danse dans la cuisine revenait à aller chercher un verre). Je posai le dit verre sous l'un des deux robinets, celui de droite (à quoi sert l'autre robinet au juste, quelqu'un peut me le dire?) et appuyai sur le levier du robinet... Nous avons un problème de plomberie au sous-sol, de sorte que j'avais peur que rien ne tombe. Mais vous comprendrez que comme la plomberie de mon sous-sol et la machine à eau n'ont '$!#%# aucun rapport entre eux, eh bien, cela ne me servait à rien de vous dire cela. Mais à quoi me sert-il de vous dire que j'ai fait un rêve, ou tout simplement d'avoir un compte Facebook (oh la la, critique sociale subtilement cachée dans un texte trop long pour que les plus bêtes ne la trouvent pas). De quoi je parlais déjà? Ah oui, du verre! Et une chance que je m'en souviens rapidement, parce qu'il est presque plein, sur le bord... de déborder. Je le porte à mes lèvres assoiffées, qui se jettent sur lui comme les riches sur un dix sous. L'eau juste assez froide coulait agréablement sur les muqueuses arides de ma gorge douloureuse. C'est alors que j'eus une vision : ma mère se tenait devant moi, à l'entrée de ma cuisine. Mon hallucination d'elle fut fort réelle : elle me parla même, me demandant ce que je faisais debout à cette heure. Je lui répondis que j'avais faim, ce qui était faux, mais bon, de nos jours, on ment à nos parents pour tout! Elle me vit alors le verre à la main, puis planta ses yeux vindicatifs dans les yeux : ''ALORS POURQUOI AS-TU UN VERRE D'EAU DANS LES MAINS?
- Euh, rien maman. Je ne faisais que vérifier si la machine à eau fabriquait même en pleine nuit. Simple curiosité de ma part.
-Bon c'est correct. Mais va te recoucher.''
Je n'osai pas lui demander ce qu'elle, elle faisait là, debout en pleine nuit. Elle me dit malgré tout qu'elle avait soif, tout en se dirigeant vers le garde-manger, ouvrant la porte et se saisissant d'une pile de biscuits. Elle se tourna alors vers moi avec un regard bizarre : ''QUOI, JE VÉRIFIE SI LA MACHINE À BISCUITS FONCTIONNE MÊME PASSÉ MINUIT.''
Je ne posai pas plus ample question et retournai me coucher. Mon chat bâilla à nouveau. Je me faufillai dans mes couvertures en essayant de les défaire le moins possible (pourquoi, je ne sais pas, mais avouez que vous aussi, vous ne voulez pas trop défaire le lit quand vous vous couchez dedans, comme si on se sentait vraiment confortable dans des couvertures qui nous serre comme des pantalons trop serrés, mais partout sur le corps). Toujours dans mon rêve, je me voyais me rendormir.
six heures plus tard, il est 8h00. Je suis en train de manger mes FROOT LOOPS. C'est alors qu'entre dans la cuisine ma mère. Elle me regarde et me dit : ''alors bien dormi?''
- oui maman, et toi?
- Bah, moyennement. Tu m'as réveillé en allant vérifier si la machine d'eau fabriquait toujours son eau.''
Je n'en revenais pas. Ma mère et moi avions donc eu une connexion psychique, ce qui nous avait mené à faire le même rêve, jouant chacun notre rôle. Là, ça fait quatre heures que j'essais d'apprendre à mon chat à parler, pour voir si lui aussi a fait le même rêve que moi. C'est fou comme les rêves sont surprenants parfois!
Depuis que je sais que ma mère et moi sommes aussi compatibles psychiquement, je suis beaucoup plus près d'elle. Je lui dis tous mes sentiments, mes peines d'amour, mes regrets, mes bons coups, mes échecs, etc. (tout ça depuis ce matin). C'est bon de savoir qu'on est proche de ceux qu'on aime au point de faire les mêmes rêves. Bon, ma mère m'a dit que ce n'était pas un rêve... Mais bon, de nos jours, on ment à nos enfants pour tout.
La clef, donc, pour rapprocher les hommes, est d'avoir soif la nuit.
Soif de vie, d'amour, de solidarité et d'imaginaire parfois. Vous l'aurez deviné!
Ma soif de rêve et la ''Water Machine''

# Posté le mardi 30 décembre 2008 00:10

Modifié le mardi 06 janvier 2009 14:02

Cadavre exquis et collection de plumes

Il me vient une idée, comme cela, pour le plaisir de ceux qui passent par ici. Une idée qui germe et qui me séduit de sa tige fine de plus en plus : un cadavre exquis. Pour ceux qui ne connaissent pas cet exercice d'écriture fort amusant et généralement fort surprenant, il s'agit de faire un poème à plusieurs auteurs. Le concept est le suivant : l'initiateur du poème écrit un vers, pour un poème en vers, ou une phrase (ou un bout de phrase), pour un poème en prose. Ensuite, une seconde personne continue le poème en ajoutant un vers ou un bout de phrase. Et une troisième personne fait de même... Et ainsi de suite. Le but est d'arriver à un résultat cohérent alors que plusieurs têtes participent à l'écriture. Souvent, ce résultat est malgré tout fort impressionnant et très original, ses composantes étant de sources, de structures et de styles différents.
Je vous invite donc à ce joyeux essai que je fais sur ce blog! Pour un premier poème, je suggère un poème en prose, moins encombrant et plus aisé pour une première tentative. Participez en ajoutant, dans un commentaire, votre bout de phrase (court svp, le but étant de ne pas avoir un gros morceau écrit par un même auteur mais plutôt plein de petits bouts d'idées rapiécés).

Voici le point de départ que je donne à ce poème.

«Par un soir d'avril, de mai d'amour, mes pas marchaient et je les suivais.»

Laisser jaillir votre imagination et impressionnez-moi!

# Posté le samedi 27 décembre 2008 20:59